En juin 2012, l’Assemblée nationale du Québec a voté à l’unanimité en faveur du projet de loi 56 pour combattre la violence et l’intimidation à l’école. Ce texte obligera les écoles, publiques comme privées, à se doter d’un plan d’action à cet effet, ainsi qu’un code de vie interne. Le projet de loi prévoit des sanctions graduelles, allant de la tentative de réhabilitation pour le harceleur jusqu’à l’expulsion, sur décision du directeur après avis favorable du comité d’étude. Les établissements pourront également intervenir en cas de cyberintimidation. 

 

Il se passe rarement une semaine sans que l’on parle du sujet de l’intimidation à l’école.  Cette problématique est complexe et déborde au-delà des murs de l’école.  On n’a qu’à penser à la cyberintimidation par exemple.  En tant que société comment réagissons-nous? Que faisons-nous?

 

Un sondage récent démontrait que lorsqu’un enfant parle d’une problématique d’intimidation à un adulte, dans la moitié des cas, il n'y a pas de suite.  L’adulte ne fait rien ou s’il fait quelque chose, il utilise le bon vieux réflexe de la punition dont les limites ne cessent d’être prouvées.

 

Une démarche de justice réparatrice est une avenue pertinente.  L’utilisation d’une conférence de justice réparatrice a fait ses preuves auprès des victimes en plus d’avoir une incidence sur le rétablissement et la réintégration des élèves suspendus.[1] Une recherche qualitative faite en 2004 par le Youth Justice Board for England and Wales dans vingt écoles secondaires et six écoles primaires montre un taux de satisfaction de 89% des parties affectées qui ont participé à une conférence de justice réparatrice.  Un accord fut obtenu dans 92% des cas.  Finalement 93% des participants ont trouvé le processus juste et équitable.[2]  En plus de recommander la mise en place des processus de justice réparatrice en milieu scolaire, le document suggère trois voies importantes pour la réussite de la démarche soit l’établissement d’une vision commune, un engagement des employés et la construction des relations à l’intérieur et à l’extérieur des murs de l’école.[3] 

 

Une étude s’échelonnant de 2005 à 2008 de l’International Initiatives of Restoratives Pratices (I.I.R.P.) auprès de 6 écoles secondaires des États-Unis, 2 du Canada et 2 en Angleterre révèle notamment une réduction des suspensions, des sanctions disciplinaires ainsi que des incidents violents.[4] Cette étude sous forme de recensement de statistiques indique que la mise en place de processus de justice réparatrice a une incidence sur le climat de l’école.

 

[1] Lorraine Amstutz Stutzman et Judy H. Mullet, The little book of restorative discipline for schools: teaching responsibility, creating caring climates. (Intercourse : Good Books, 2005), 49

[2] Youth Justice Board for England and Wales. National Evaluation of RJ in School Programme [en ligne].    http://www.yjb.gov.uk/Publications/Resources/Downloads/nat%20ev%20of%20rj%20in%20schoolsfullfv.pdf  

[3] Ibid., 74

[4] International Initiatives of restoratives Pratices. Improving school climate [en ligne].      http://www.iirp.org/pdf/IIRP-Improving-School-Climate.pdf 

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